Bastien Chalureau : “Il y a une cohésion, une solidarité folle”, le Montpelliérain se confie sur ses débuts en Bleu

Il a presque perdu espoir. Mais Bastian Cheloro est bien revenu avec le maillot bleu sur les épaules lors de la magnifique victoire de l’équipe de France contre les Sprintboks samedi dernier (30-26). Un moment unique que raconte le deuxième ligne montpelliérain.

C’était court, mais intense. Bastian Cheloro a disputé ses trois premières minutes avec le 15 de France samedi dernier contre les Springboks (victoire 30-26). Dans ce court laps de temps, le colosse du MHR (30 ans, 2,02 m, 120 kg) a réussi à s’imposer dans la dernière mêlée de la rencontre (27-26, 77), permettant aux Bleus de commencer une couverture grâce à un dernier penalty. Et même s’il a été court, Montpellier s’est régalé et veut à nouveau goûter à ce maillot.

Comment vous sentez-vous au moment où vous entrez sur le terrain ?

C’était un moment incroyable. Ce stade est incroyable. Le public français a poussé si fort… c’était tout un chaudron. J’en ai entendu parler mais quand on le voit, c’est fou. Quand (le staff) m’a appelé pour aller sur le terrain, je n’y croyais plus. Il me place dans la dernière mêlée à côté de Tao (Romain Taofifenua). A ce stade, nous n’avons qu’un point d’avance. Je me suis dit : “Allez, attaquons fort et renvoyons un penalty.”

Par chance, le combat a pris le dessus de votre côté.

Peut-être que ma fraîcheur a apporté un petit quelque chose en plus à une équipe qui a tant donné tout au long du match.

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Était-ce important de disputer ces quelques minutes ?

Il vérifie l’échelle. Evidemment il y a l’excitation dès le début du jeu, la découverte de ce niveau extrême. Là, on est sur le toit du rugby. Ce fut une semaine incroyable au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Mais je suis un compétiteur dans l’âme alors bien sûr j’avais envie de revenir et d’apporter ma petite pierre à l’édifice pour “casser South Up”.

Le terme brut était vraiment approprié pour ce jeu

Avez-vous ressenti la violence physique de ce jeu ?

Ah oui, oui. Je n’ai jamais vu un match aussi violent. En plus, en remplacement j’ai vu les gars des deux côtés repartir avec des commotions cérébrales, des coups… ça a pété partout. Le terme rugueux était vraiment approprié pour ce jeu.

C’est un style de jeu qui vous convient aussi. Cela vous donne-t-il envie d’y goûter à nouveau ?

clairement. Je n’ai certes joué que quelques minutes, mais combien elles sont précieuses. Ce fut un moment tendu avec une petite avance. Cela montre encore la confiance que l’équipe m’accorde à ce moment-là. Et, je suis heureux.

Il y a une photo de toi avec Fabian Galati en fin de partie, tête à tête. qu’est-ce que tu te dis

Il n’y avait pas de mots, juste un regard plein de sentiments, de satisfaction.

Comment avez-vous vécu l’échauffement, l’arrivée au stade… avez-vous réussi à en profiter ?

Oui, à chaque fois. Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est de quitter l’hôtel avant d’aller au stade. Il y avait tellement de monde, des flashs de téléphone… ça a apporté une dose folle d’adrénaline. Là je me dis : “Ça y est, nous y sommes.” Et puis le bruit du vélodrome, quand on est au milieu, c’est incroyable. Aussi le Marseille a cappella.

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Ressentez-vous la confiance qui semble émaner de cette équipe de France ?

Le mot équipe n’a jamais eu autant de sens. Je dirais famille, presque. Il y a de la cohésion, une solidarité folle. On pourrait penser qu’une équipe nationale rassemble les meilleurs de chaque club et qu’ils jouent. Il y règne une super ambiance, toujours une ambiance positive, des sourires, des petits gestes du quotidien. Lee, j’ai eu une énorme réception cette semaine. Ils m’ont pris sous leur aile, m’ont tout expliqué.

Quand je suis arrivé, j’ai dû me battre pour assister à l’entraînement le mardi après-midi

Connaissez-vous des acteurs ?

Oui un peu. Avant d’arriver, je connaissais très bien Cyril Bay, Julien Marchand ou Thomas Ramos qui sont de l’école de Toulouse. Nous nous sommes longuement frottés d’espoir. Ensuite, c’est agréable de vivre avec des mecs qui ne se rencontrent généralement que le week-end. Ce sont des moments privilégiés.

En arrivant chez Marcusis, aviez-vous le sentiment d’entrer dans un très haut niveau ?

Déjà, à mon arrivée, j’ai dû me battre pour assister à l’entraînement du mardi après-midi. Comme nous jouions à Montpellier dimanche soir, l’équipe voulait que nous ayons deux jours de repos complet. Et j’ai proposé mes services pour rejoindre la formation mardi. Le matin, ils ont refusé. Puis dans l’après-midi, si je le voulais vraiment, je pourrais rejoindre la réunion.

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Je veux jouer ma carte à fond pour leur montrer ma motivation. Le niveau international c’est la rigueur et la rapidité du jeu, les entraînements sont plus courts qu’en club, mais c’est un bloc.

Vu ton parcours, c’est une sacrée rédemption pour toi.

Il y a deux ans et demi, peu de gens imaginaient cela. Moi, je croyais en ma “remontada” (sourire). Une personne m’a aidé à traverser les moments difficiles et m’a donné cette phrase : “Il y a deux types de personnes. Celle qui touche le fond du sol et s’écrase, et celle qui utilise le fond du sol pour reculer et s’élever plus haut.” J’ai choisi l’option numéro 2. Je me suis mis au travail, j’ai arrêté de parler, j’ai arrêté de prêter attention aux nombreuses critiques. Je m’y suis mis et j’en suis très fier.

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Quelle est la prochaine étape maintenant ? rester à 42 ?

exactement. Et c’est le plus dur. Restez dans le groupe et jouez quatre minutes la prochaine fois (rires).

La blessure au deuxième rang de Thibaut Flement pourrait vous convenir, non ?

vu. Quoi qu’il en soit, je suis libre.

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