Bloquée par la justice américaine, la fusion entre deux géants de l’édition définitivement enterrée

Un logo de pingouin est affiché sur le dos des livres sur une étagère de la librairie Book Lane à Corte Madera, Californie, le 2 novembre 2021.
Un logo de pingouin est affiché sur le dos des livres sur une étagère de la librairie Book Passage à Corte Madera, en Californie, le 2 novembre 2021 (Justin Sullivan/Getty Images North America/AFP)

Le groupe de médias américain Paramount Global a décidé de renoncer à la vente de sa société d’édition Simon & Schuster à son rival Penguin Random House, quelques semaines après qu’une décision de justice a bloqué une fusion entre les deux sociétés au motif des lois sur la concurrence.

Le déménagement, qui impliquerait 2,18 milliards de dollars, a été annoncé en novembre 2020 et aurait réuni deux des cinq plus grands éditeurs américains.

Mais le ministère américain de la Justice, qui a intensifié sa lutte contre les pratiques anticoncurrentielles depuis l’entrée en fonction de Joe Biden, a porté plainte contre la fusion un an plus tard.

Les responsables ont fait valoir que les deux institutions pourraient s’associer pour réduire le nombre de livres publiés et l’avance versée aux auteurs.

Un juge a tranché en leur faveur fin octobre, estimant que le gouvernement avait fourni la preuve que l’acquisition proposée “pourrait avoir pour effet d’affaiblir considérablement la concurrence” sur le marché des droits de livres les plus vendus.

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“Suite à cette décision (…), conformément à la réglementation applicable, Paramount a résilié le contrat d’achat”, a indiqué le groupe dans un document remis lundi à la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine.

Les Penguins lui verseront désormais une indemnité de départ de 200 millions de dollars.

Intérêt Lagardère

Sa maison mère, la société allemande Bertelsmann, a déclaré lundi qu’elle ne ferait pas appel de la décision de justice, contrairement à ce qu’elle avait initialement annoncé.

Avec 10 000 employés dans le monde et 15 000 livres publiés chaque année, Penguin domine le marché de l’édition aux États-Unis.

Bien qu’il n’ait pas fusionné avec Simon & Schuster, Penguin “poursuivra sa croissance significative grâce à ses opérations et à ses acquisitions dans les années à venir”, a promis Bertelsmann dans un communiqué.

“Le métier du livre fait partie de l’identité de Bertelsmann depuis 187 ans et cela ne changera pas”, a déclaré son PDG, Thomas Rabe, notant que la maison d’édition vise une croissance de 5% à 10% par an.

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En 2020, le groupe a sorti le premier volume des mémoires “The Promised Land” de l’ancien président américain Barack Obama et de son épouse Michelle Obama, qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en 2018.

Les mémoires du prince Harry de Grande-Bretagne devraient également être publiées au début de 2023.

Paramount, pour sa part, semble toujours disposée à vendre Simon & Schuster, la société américaine insistant dans un dossier auprès de la SEC sur le fait que la maison d’édition ne représente pas pour elle un actif stratégique et ne s’inscrit pas dans sa stratégie globale.

Elle publie environ 2 000 livres par an, avec une liste de best-sellers internationaux comme le romancier Stephen King ou le journaliste Bob Woodward.

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Lagardère, le groupe français propriétaire d’Hachette Livre, a indiqué fin octobre qu’il postulerait pour reprendre Simon & Schuster en cas d’échec de la vente de ce dernier à l’allemand Bertelsmann.

“Si Paramount devait remettre en vente Simon & Schuster, nous serions certainement intéressés”, a déclaré Arnaud Lagardère, PDG du groupe qui porte son nom, lors d’une conférence téléphonique.

Lors de la mise en vente de la maison en 2020, son activité est fortement fragilisée par la crise du Covid-19.

Désormais, “nous sommes prêts à concourir (…) et nous savons que Vivendi est avec nous”, a assuré Arnaud Lagardère.

Lagardère, qui est affiliée à la société de médias française Vivendi, fait l’objet d’une enquête des autorités européennes de la concurrence jusqu’au 30 novembre, le dirigeant laissant entendre qu’elle pourrait être en danger avant d’obtenir le feu vert de Bruxelles.

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