Interview de Virginie Mouzat, journaliste de mode et écrivaine

Rencontre avec l’ancienne journaliste de mode et écrivaine française accomplie Virginie Mousset, qui sort ce mois-ci un nouveau livre. Le dernier mot, dans Flammarion, il raconte sa mère. Une femme fascinante qui a fui les ordres féminisants toute sa vie. Comme Mlle Mausham ?

Virginie Moussot par Philippe Motvari pour Flamerion
Virginie Moussot par Philippe Motvari pour Flamerion

Virginie Moussot par Philippe Motvari pour Flamerion

Ancienne mannequin, plume acérée et écrivain de talent, journaliste de mode française Virginie Moussette, arpente depuis plus de trente ans les hautes sphères intellectuelles parisiennes dans sa mystérieuse et troublante silhouette hitchcockienne. Après de nombreux livres notés, esp Charlotte BarrientCe mois-ci, elle publie un livre étonnant et fascinant. Le dernier mot (Flammarion). C’est une enquête intime sur le départ inattendu de sa mère, qui est trompée et choisit de quitter son monde. Virginie Moussad assure Non Le point de départ de l’écriture de ce roman et ses souvenirs Karl Lagerfeld Et ses débuts de mannequin.

Le Dernier Mot est un livre troublant de Virginie Moussad sur sa mère, une femme énigmatique

Numéro : Quel est le point de départ de votre nouveau livre ? Le dernier mot ? Et que signifie son titre ?

Virginie Moussette : écrit sur la disparition progressive de cette figure féminine (la mère de l’héroïne, ndlr) sous les yeux de son entourage. De l’origine à la réalisation. En matière de titre, avoir le dernier mot est souvent une illusion de pouvoir. La Parole n’est pas là où nous la cherchons, ni là où nous attendons qu’elle soit. Souvent la vie se charge de le créer quand on s’y attend le moins. Le titre est trompeur. Je dirais presque un dernier mot au lecteur. Je dirais que le dernier mot de mon livre, techniquement parlant, me donne envie de relire toutes les pages précédentes.

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Était-ce bizarre d’écrire ce livre ?

Cela n’équivaut pas à la rapidité, ou à la guérison, ou à la récupération, ou “c’est mieux maintenant”… tout cela fait de mauvais livres à mon avis.

“À mon avis, le côté ‘cathare’ fait les pires livres.” Virginie Moussette


Vous écrivez que vous avez perdu la photo de votre mère dans l’avion. Ce livre était-il un moyen de restaurer cette image dans votre esprit ?

Plutôt que de le récupérer, il s’agit de le trouver, de le chercher, de le reconstituer… faute d’informations précises.

Vous écrivez sur des sujets souvent intimes, souvent douloureux. Pensez-vous que Expérience et Souffrance sont les meilleurs livres ?

L’écriture elle-même « fait » des livres. Des leçons intimes, des expériences ou même une certaine forme de souffrance restent des objets passifs sans elle.

Dans ton livre la vie adulte (2010), mentionnent le décès de la mère. Quels sont ses liens ? Le dernier mot ?

La place d’une femme, son déplacement, sa transformation, sa désobéissance aux ordres qui l’entourent, les malentendus que crée sur elle l’étiquette de mère… toutes ces questions me passionnent. C’est sans doute un fil rouge d’un livre à l’autre. Chapitre “0” de Le dernier mot Une sorte d’adresse au lecteur, mais qui ne fait en aucun cas de mon livre une lettre.

Couverture du livre Le Dernier Mot (2023) de Virginie Moussaud © Flamarion
Couverture du livre Le Dernier Mot (2023) de Virginie Moussaud © Flamarion

Couverture du livre Le Dernier Mot (2023) de Virginie Moussaud © Flamarion

Dans le livre, votre mère décide de quitter ce monde avec un geste qui peut sembler punk et féministe, alors qu’elle brise les barrières féminisantes…

Ce n’est rien. Dans ce livre, le personnage féminin est simplement déprimé et pris dans une rébellion intime qui ne peut pas être marquée socialement. De plus, son immense solitude sépare ce geste de tout mouvement de pensée. Son dernier geste dépasse son statut de bourgeois, sa captivité. Cette femme fait quelque chose de plus grand qu’elle-même.

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Vous vous êtes imposé comme écrivain alors que vous étiez journaliste de mode. Comment avez-vous dépassé les préjugés ?

De telles questions et l’expression “journaliste de mode” sont toujours lancées dans les interviews donc je ne les passe pas complètement (rires).

Vous étiez mannequin. Êtes-vous nostalgique de cette époque ?

J’ai eu la chance d’avoir accès à des talents lorsque j’ai passé une nuit d’essayage à l’Hôtel de Grillon avec Babette Dijon et Mario Destino. Mais je me souviens précisément que c’est durant cette période que j’ai commencé à remarquer les gens autour de moi.

“Mon meilleur souvenir de Karl Lagerfeld ? Il a été le premier à rire des blagues étudiantes.” Virginie Moussette

En 2011, vous étiez très critique envers Tom Ford Le Figaro. Regrettez-vous vos propos ?

Oui, car ils sont définitivement surestimés. Non, car ils sont le reflet de l’exagération générale du créateur et de sa marque, du cirque et du pseudo-élitisme entourant cette collection, une invitation que j’ai demandée mais l’attaché de presse a décliné avant de recevoir une réponse positive. L’inverse ridicule… bref, c’est de l’archéologie.

Vous étiez très proche de Karl Lagerfeld. Quels sont vos meilleurs souvenirs de lui ?

Son goût pour les blagues d’étudiants était plutôt lourd, mais il rit d’abord, de préférence en tapotant la table avec sa main. Tout à coup, il y avait quelque chose de “rafraîchissant” à ce sujet. Je souris à nouveau. Un jour, on m’a montré les deux étages du manoir Pozzo di Borgo, qu’il loue rue de l’Université, est tout bistre et taupe de l’époque de Liaigre et Ingo Maurer, et l’on débouche dans une chambre drapée de taffetas amande. “Gémir tranquillement pendant mon sommeil est très pratiquePuis il explique. rire

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Virginie Mouzat @Instagram
Virginie Mouzat @Instagram

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Écrit par vous Liberté devant moi, le journal fictif de Charlotte Perriand. Qu’est-ce qui vous attire le plus chez elle ?

Ceci est la page “Tomboy” Charlotte Barrient Pour les hommes, je suis amoureuse de la nature, des motifs, du bois. le CorbusierElle refuse obstinément le rôle de “bonne fille décoratrice” toute sa vie tout en étant architecte.

Avez-vous d’autres icônes ?

Un autre modèle qui m’a impressionné Jane Fonda. J’aime la façon dont il parle de la dépression (dans sa conférence TED), sa bravoure, son refus d’abandonner. Quand j’étais Vanity FairFranceIl était surnommé “N mère“. Jusque-là, rencontrez-la au dîner Salon de la vanité Je lui raconte ce qu’on a donné pendant le Festival de Cannes. Elle souriait beaucoup.

Quels sont vos auteurs préférés ?

Philip Roth, Pascal Guinard, Joyce Carol Oates, Yannick Hennel, Vivian Kornik, Pico Iyer… Un ami a trouvé mon livre préféré, mais c’était un petit OVNI : La brève et étonnante vie d’Oscar Wao Junot Diaz et son anti-héros bouleversant. Les Némésis Par Philip Roth, injustement rejeté comme une œuvre de Twilight, m’a vraiment intrigué.

Quelle est votre citation préférée du livre ?

Cette citation de David Hockney : “La surface est une illusion, mais la profondeur aussiÀ la page 281 La Dame et le moine Pico Iyer (1991).

Un livre vous a-t-il sauvé la vie ?

A un moment bien triste, pays des merveilles Le livre d’Alicia Abbott (2015) a été l’un des livres qui m’a aidé à (re)vivre.

Le Dernier Mot (2023) de Virginie Moussat, disponible aux Editions Flamerion.



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