la puissance corrosive du roman

« L’Art du silence » de Christian Salmon, Les Liens libérateurs, 266 p., 21,80 €, numérique 16 €.

Un écrivain ne sait pas toujours ce qu’il fait : il avance, tourne, s’interroge, continue, et trouve le seul moyen d’ouvrir de nouvelles voies dans ce brouillard. Witold Gombrowicz, se référant à son amitié d’avant-guerre avec Bruno Schulz, écrivit des décennies plus tard : « Nous avons erré dans la littérature polonaise, comme de purs ornements, des arabesques, des chimères ou des griffons. » Sans répondre, il ajouta : « Que faisions-nous dans notre laboratoire ? »

Christian Salmon prend la question dans l’avion L’art de la paixL’étend aux longs écrivains XXe Le siècle – qui se poursuit jusqu’à nous avec des gens comme Salman Rushdie ou Daniel Mendelssohn – dans les années 1980, avec Milan Kundera ou avec la fondation du Parlement international des écrivains, en 1993, l’essayiste devient chercheur. Gardien. Son livre est un refuge “Les Griffons” Où, de Nicolas Gogol à Hermann Broch, Joseph Conrad, Danilo Kiss, Marcel Proust ou Franz Kafka, incertitude, incomplétude – “le silence”alors, “Le coeur de l’expérience littéraire” – Résister à leur pouvoir corrosif « Manières codées de voir et de sentir ».

En 2007, Christian Salmon a publié Narration (La Découverte), dans lequel il met en lumière les nouveaux usages sociaux du récit, tel qu’il le résume aujourd’hui. “Véritable ordonnance narrative visant à normaliser les comportements et à profiler les personnes”. L’art de la paix Dans ce qui semble être un écho à cette accusation violente, qui a remporté un succès universel, le mot « storytelling » a été peu à peu remplacé par toute opposition, même la caricature, même l’auteur – pas toujours libre. Dans ce nouveau livre.

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Creuser en profondeur

Mais s’il y établit, sans les compliquer, les continuités forcées entre les tragédies du XXe siècle et l’impact des formes contemporaines de contrôle social ou des technologies sur notre expérience de la réalité, ces affordances n’affectent pas la subtilité et la complexité de ses lectures. L’absurdité de son sujet, étrange et fascinant : il ne sait probablement pas non plus exactement ce qu’il fait. Il porte le sien “Ordre de l’histoire”, son propre désir de conclure un discours formel. Mais en même temps, il rassemble tous les outils qui permettent de se battre, de creuser au plus profond, de creuser l’inconsistance de toute conversation, aussi destructrice soit-elle.

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