L’Autorité des marchés financiers donne son feu vert au projet de renationalisation

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a donné mardi son feu vert au projet de rachat intégral de l’énergéticien EDF lancé début octobre par l’Etat français, qui détient déjà 84% du capital de l’entreprise. L’AMF a jugé le projet d’offre publique d’achat facile (OPA), déposé le 4 octobre, “conforme” à la réglementation boursière, indique-t-elle dans un communiqué publié mardi soir.

Ce plan prévoit l’acquisition auprès d’autres actionnaires de 16% du capital que l’Etat ne détient pas encore, au prix de 12 euros par action. L’acquisition de ces titres est prévue le 8 décembre et l’AMF n’a pas évoqué le changement d’horaire mardi soir. Elle entend publier « dès que possible sa décision raisonnable ».

Difficultés financières

L’Etat actionnaire s’attend à recevoir, à la clôture de l’OPA, 90% du capital, seuil à partir duquel une procédure de retrait obligatoire de la bourse pourra être engagée pour remettre en état les titres.

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Le gouvernement a formellement annoncé mi-juillet sa volonté de contrôler à 100% l’énergéticien français. Pour l’Etat, qui veut construire six réacteurs nucléaires EPR de nouvelle génération, avec une option pour huit autres, l’opération de 9,7 milliards d’euros est stratégique et vise également à envoyer un signal de confiance aux investisseurs en dette.

EDF connaît des difficultés financières en raison d’une baisse record de sa production d’électricité, de l’indisponibilité d’une partie de son parc nucléaire suite à des problèmes de corrosion, de maintenance programmée et de troubles sociaux, mais aussi des tarifs à cause du bouclier qui protège les Français. De l’augmentation supplémentaire du coût de l’énergie.

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Une dette jusqu’à 60 milliards d’euros

Au total en 2022, cette baisse de production affectera la rentabilité d’EDF, pesant jusqu’à 32 milliards d’euros sur l’excédent brut d’exploitation (Ebitda), et la dette du groupe pourrait atteindre un montant total record de 60 milliards d’euros en fin d’année.

Depuis le début des opérations, les petits actionnaires (majoritairement des salariés et ex-salariés) ont contesté l’avis “favorable” émis par le conseil d’administration le 27 octobre sur le cours du groupe de 12 euros par action et ont réclamé au moins. 15 euros.

Ils ont déposé plusieurs actions en justice, sans succès jusqu’à présent. Dans la dernière démarche en date, ils ont assigné EDF en justice lundi pour manquement au devoir d’information et conflit d’intérêts à l’égard de l’actuel président du groupe.

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“On ne s’arrête pas là”

“Nous sommes extrêmement déçus que l’AMF n’ait pas examiné tous les arguments que nous avons pu développer, sur le fond et sur la forme”, a rejeté à l’AFP le dirigeant des petits actionnaires Martin Fiore, dénonçant “l’absence totale de l’entreprise”. .

Selon lui, l’expert indépendant qui a jugé le prix de 12 euros “juste” s’est fondé sur de “mauvaises hypothèses”, notamment concernant la quantité et le prix de l’électricité qu’EDF vendra l’an prochain à un prix inférieur à ses concurrents.

“Quel est notre parcours aujourd’hui, au niveau français, à cet égard ?” On cherche, on ne s’arrête pas là, en tout cas”, a promis Mme Faure, qui entend aussi se battre au niveau européen.

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