Réforme des retraites : soutenues par LFI, les organisations de jeunesse manifestent à Paris

Dix organisations de jeunesse ont défilé samedi après-midi à Paris contre la réforme des retraites. “Résistance ! ‘Nous sommes là, même si Macron ne le veut pas'”, ont scandé des manifestants en tête du cortège, parti place de la Bastille et arrivé à la Nation peu avant 16h30.

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI-Nupes en assemblée générale, qui était présente à la réunion, s’est dite « ravie d’être aux côtés des jeunes pour cette initiative ». Jean-Luc Mélenchon lui-même a attaqué Emmanuel Macron. « Au diable de vouloir tout transformer en marchandise », a lancé le chef Insoumis. La députée EELV Sandrine Rousseau a également pris part au cortège.

Côté sécurité, 1.700 contrôles avaient été effectués à 14h15, dont trois interpellés pour port d’arme prohibée, a-t-on appris auprès de la préfecture de police de Paris. La police est également intervenue dans les braquages ​​de banque de la rue du Faubourg Saint-Antoine. Le feu de la poubelle a également été éteint.

“Ce n’est pas une question de concurrence entre les mobilisations”

Les organisateurs n’envisagent pas de rallier le million ou deux millions de manifestants – selon les estimations de la police ou de la CGT – qui ont déferlé sur les trottoirs à travers la France jeudi. Mais Philippe Juraver, chef du “réseau lutte” de LFI, “espère faire mieux qu’en octobre”, une référence à la “marche contre la vie chère” des Mélenchonistes qui, selon les organisateurs, avait attiré 140.000 participants. Selon la police, 30 000. Le parti réclamait 150 000 participants à la marche de l’après-midi.

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Le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon s’est montré plus sensible dans sa communication pour organiser cet événement et a préféré se cacher derrière une dizaine d’organisations de jeunesse. “On s’est rendu compte que les jeunes avaient envie de se mettre en avant et qu’ils se sentaient d’abord inquiets”, raconte Philippe Juraver. Qui avoue que LFI était aussi au courant qu’il fallait montrer ses lettres de créance au syndicat, “insulté” que la date ait été annoncée avant la leur.

“Nous avons donc été très prudents avec la communication, quelques jours seulement après avoir annoncé la date du 19, nous avons augmenté la communication jusqu’au 21”, explique-t-il.

“Notre mission est d’accompagner toutes les mobilisations”, a expliqué Louis Boyard, adjoint à LFI chargé des affaires jeunesse, lors de la conférence de presse. Avant de s’énerver : « Vous ne voyez pas que les jeunes sont dans un état d’incertitude énorme ? C’est le seul sujet dont on a envie de parler aujourd’hui. »

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“Il ne s’agit pas du tout de concurrence entre les mobilisations, mais de complémentarité”, a souligné Eléonore Schmitt, porte-parole du syndicat étudiant L’Alternative.

L’UNEF n’est pas là

Première épine dans le pied de la manif, le syndicat étudiant Unef n’y participe pas. “Parce que nous sommes convaincus que pour faire plier cette réforme des retraites, nous devons faire front commun pour organiser la lutte le plus largement possible”, raisonne son président Imane Ouelhadj.

Et l’Union de gauche Nupes ne soutient pas non plus cette initiative, contrairement à la “marche contre la vie chère”, EELV, PCF et PS estiment qu’en matière de retraites il faut laisser faire les syndicats.

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“Dans cette dure et longue lutte, il faut respecter le calendrier des syndicats”, “sans se désagréger”, c’est ainsi qu’a mis en garde le leader communiste Fabien Roussel vendredi sur RTL.

Au contraire, la députée LFI Aurélie Trouvou, habituée à essayer de faire la médiation entre la gauche et les syndicats, estime que le rôle des politiques “est de mobiliser d’autres secteurs, les jeunes, les retraités, les entrepreneurs, les femmes”.

“On ne peut pas se payer le luxe d’une compétition dans notre camp social”, plaide le NPA, qui envoie ses porte-parole Olivier Besancenot et Pauline Salingue dans le cortège.

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“Arrêtez cette action antisociale”

Mais même au sein des formations politiques, les stratégies diffèrent. “EELV et les autres partis ont décidé d’attendre l’heure de l’alliance” mais “il était important de se mobiliser tôt (et de l’annoncer) dès décembre, car les jeunes ne peuvent pas attendre”, témoigne Clovis Daguerre, des Jeunes écologistes.

Les jeunes ont peur de “moins d’emplois”, explique Noémie Stickan, représentante du syndicat étudiant FIDL. Et ils veulent plus généralement “dire non à cette mesure antisociale” c’est-à-dire repousser l’âge de la retraite à 64 ans.

Avec l’alternative étudiante ou Voix Lycée, la part du lion de la manifestation sera prise par les mouvements de jeunesse des partis de gauche : Jeunes Insoumis, Jeunes Écologistes, Jeunes Générations, Place Publique Jeunes et NPA Jeunes.

“Nous jouerons samedi Hé, nous sommes de retour derrière les organisations de jeunesse”, écrivait jeudi soir Jean-Luc Mélenchon. Les médias « veulent, pensent abandonner, en faire un marche des partis politiques et même comme d’habitude Marché de Mélenchon. On a déjà vu ce que ça a donné dans un passé récent : ça attire ! »

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